L’Héritage des Rois-Passeurs | Manon Fargetton

 

Auteur : ManoL'Héritage des Rois-Passeursn Fargetton

Editeur : Bragelonne

Année d’édition : 2015

Mots-clés : Héroïne, Passage, Ombre, Reine, Vengeance, Trahison.

 

La mort marche derrière chaque homme. Certains en sont plus conscients que d’autres, et ce sont souvent ceux-là qui plient le monde à leurs rêves.

La réalité est composée de deux mondes en miroir : Rive (le monde tel que nous le connaissons) et Ombre (un univers peuplé de magie). Enora vit en Rive ; le jour de ses vingt ans, son frère jumeau et toute sa famille se font massacrer par de mystérieux assassins. Elle découvre alors son statut de Passeuse et ses pouvoirs qui lui permettent de voyager entre les univers. Accompagnée des deux frères Julian et Charly, elle se réfugie en Ombre, le pays de ses ancêtres, dans la ville d’Astria. Là-bas, Ravenn, une princesse rebelle, est de retour après neuf ans d’exil et veut reconquérir le trône qui lui revient. Mais elle n’est pas la bienvenue et doit tenir tête aux ordres religieux ainsi qu’aux magiciens qui veulent sa mort. Et pour cela, elle a besoin d’Enora et de ses nouveaux compagnons…

Mais Charly se fichait des peut-être, il croyait en sa chance, il croyait en la beauté de ce monde, il croyait que le meilleur était à venir, toujours, et il y croyait si fort que l’univers répondait à ses vœux.

Notre monde, Rive, est le reflet du royaume d’Ombre, peuplé de magie, de dieux et de dragons. Durant des siècles, les Rois-Passeurs ont régné sur Ombre, enrichissant leur pays par le commerce avec Rive, jusqu’à ce qu’ils trahissent leur peuple et quittent Ombre à jamais… Manon Fargetton met en place un univers que je trouve passionnant et complexe, avec une forme de magie particulière, basée sur la manipulation de l’ombre des objets. Le concept des Noirs Portraits est également très intéressant (et joue un grand rôle dans l’intrigue, je ne vais donc pas trop en révéler à ce sujet ;)). La langue de l’auteur est très belle et les phrases s’enchaînent à merveille, de façon très poétique. J’ai immédiatement été happée par l’histoire et ai dévoré le livre d’une traite, découvrant avec plaisir le destin de ces personnages très attachants !

Le récit est centré sur deux femmes fortes, Ravenn et Enora, qui ont toutes deux beaucoup souffert mais qui décident de continuer à se battre pour prendre leur destin en main. Malgré le fait que le pouvoir se transmette de mère en fille en Ombre, les femmes subissent tout de même encore la discrimination, en particulier les magiciennes, persécutées et tuées par leurs homologues masculins. Ravenn a également du mal à assumer son homosexualité et est forcée d’épouser un homme, le royaume devant être gouverné par un roi et une reine. J’ai trouvé cet aspect de l’histoire très intéressant ; on voit encore rarement des personnages homosexuels en Fantasy et assister aux interrogations de Ravenn et des femmes qui l’entourent à ce sujet est particulièrement rafraîchissant 🙂

Ma conclusion : J’ai été conquise par la plume de Manon Fargetton, par l’univers qu’elle décrit et par ses personnages forts, courageux et déterminés. J’ai hâte de lire ses autres romans et je vous conseille de la découvrir !

Ma note: 17/20

Attention Spoiler !!!

[Comme annoncé dans la présentation du projet du blog, je partage ici quelques réflexions et analyses personnelles au sujet du roman. Je révèlerai des informations clés de l’intrigue, ne continuez donc pas votre lecture si vous ne voulez pas être spoilés 😉 ]

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Renégats | David Gemmell

 

Auteur : DRenégatsavid Gemmell

Editeur : Mnémos

Année d’édition : 2002

Edition originale : Knights of Dark Renown, paru en 1993.

Mots-clés : Chevalier, Couleurs, Trahison, Corruption, Immortalité.

Lorsqu’un héros meurt, son âme vagabonde, invoquée ça et là par les conteurs de saga et les poètes. Lorsqu’ils parlent de lui devant une foule, son âme apparaît. C’est de la magie qu’aucun sorcier ne pourrait créer.

Pendant des siècles, les Chevaliers de la Gabala ont maintenu l’ordre dans les Neuf Duchés, jusqu’au jour où ils ont franchi un portail entre les mondes afin de combattre les forces des ténèbres. Ils ne sont jamais revenus. Seul Manannan est resté ; désormais appelé le Chevalier Déchu, il erre depuis six ans dans un royaume de plus en plus corrompu. Aujourd’hui, des rumeurs courent sur le roi : il aurait été envoûté par les mystérieux Chevaliers rouges qui tiennent le royaume d’une main de fer, répandant le mal et persécutant les innocents. Pour sauver la population, Manannan accepte de partir à la recherche de ses anciens compagnons ; mais lorsqu’il découvre le secret du monde qui s’étend derrière le portail, son univers s’écroule. Décidé à s’opposer aux agents du roi, il rejoint les rebelles cachés dans la forêt Océane, qui se préparent à la guerre sous le commandement du hors-la-loi Llaw Gyffes. L’ordre des Chevaliers de la Gabala renaît de ses cendres, mais ces nouveaux guerriers seront-ils de taille à affronter les Chevaliers rouges ?

Le mal n’épargne rien. C’est comme une peste, qui se répand à travers les cœurs des hommes. Il en touche certains et les corrompt aussitôt, d’autres en portent les germes. Seuls les plus forts peuvent lui résister.

J’ai découvert David Gemmell avec ce roman, et je dois dire que j’apprécie beaucoup cet auteur. Si la trame de l’histoire est assez classique, elle n’en demeure pas moins efficace et on entre facilement dans le récit. L’écriture est bien rythmée et la progression de l’histoire savamment dosée (de plus, il s’agit d’un one-shot, ce qui change des séries interminables que l’on trouve souvent en Fantasy ;)). Les personnages sont également très intéressants, étant pour la plupart des « anti-héros » : certains sont lâches, d’autres opportunistes, d’autres encore cruels. Mais ils évoluent tous au fil des épreuves qu’ils traversent et leur personnalité se développe et s’enrichit.

Un point que je trouve particulièrement intéressant à observer est la magie et son utilisation. Il s’agit d’un des principes de base de la plupart des œuvres de Fantasy et la manière dont elle est présentée fait la spécificité de chaque œuvre. Dans le royaume de la Gabala, la magie est basée sur les Couleurs : « D’abord il y a le Blanc, couleur du calme et de la sérénité. Puis vient le Jaune, couleur de l’innocence et du rire des enfants. Suivie par le Noir, qui est terre et donne force et vitesse. La puissance, si tu veux. Bleu est le ciel et magie du vol. Vert, croissance et guérison. Enfin, le Rouge n’est que colère et luxure. C’est la Couleur de l’agressivité. » [p.115]. Ces Couleurs sont présentes en chacun de nous, et les magiciens sont capables de les exploiter pour agir sur le monde ou créer des objets merveilleux. Toutes les Couleurs doivent exister en harmonie pour que le monde connaisse la paix. Avec l’arrivée de ces mystérieux Chevaliers rouges, qui tirent leurs pouvoirs du Rouge, c’est cette Couleur qui domine, ce qui entraîne le chaos dans le royaume.

Ma conclusion : Le roman Renégats m’a fait découvrir David Gemmell et m’a donné envie d’aller lire ses autres œuvres. 🙂 Une lecture agréable, mais qui fait également réfléchir : l’auteur, sous couvert d’un monde imaginaire, développe des situations et des problématiques que l’on peut également observer chez nous (comme c’est souvent le cas en Fantasy) et qui sont d’actualité aujourd’hui. Mais ces histoires nous montrent que, même si le mal semble prendre le dessus, tout n’est pas perdu et il faut garder l’espoir !

Ma note: 15/20

Bonus #1 | Peter Pan

Roman : J.M. Barrie, Peter Pan, édition de 1991.

Dessin animé : Disney, 1953.

Film : Peter Pan, 2003, réalisé par P.J. Hogan ; avec Jason Isaacs, Jeremy Sumpter et Ludivine Sagnier.

Comédie musicale : Peter Pan, The Never Ending Story et une adaptation par la compagnie amateur Green Parrot.

La deuxième étoile à droite et tout droit jusqu’au matin.

Aujourd’hui, je partage avec vous quelques réflexions personnelles au sujet de l’œuvre de Peter Pan et quelques unes de ses nombreuses adaptations. J’ai eu l’occasion de voir hier soir une adaptation de la comédie musicale Peter Pan. J’ai découvert cette histoire avec le dessin animé de Disney, qui a toujours été mon Disney préféré. Je n’avais cependant jamais lu le roman de J.M. Barrie, ce que j’ai enfin fait ce week-end, avant d’aller voir la pièce.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette histoire, en voici un rapide résumé… La famille Darling – les parents, trois enfants et leur chienne Nana – vivent à Londres vers la fin du 19e siècle. Wendy, l’aînée, raconte tous les soirs à ses frères des contes de fées et de pirates et les aventures du terrible Capitaine Crochet. Leur héros préféré est Peter Pan, un garçon qui ne grandit pas. Il vit au Pays Imaginaire (Neverland) avec sa bande, les Enfants Perdus, et part chaque jour à l’aventure avec les Peaux-Rouges et les pirates de l’île. Un soir, il se glisse dans la maison et persuade les enfants Darling de l’accompagner. Ceux-ci s’envolent alors avec lui et rencontrent les Enfants Perdus, les sirènes et les Peaux-Rouges. Mais le Capitaine Crochet découvre la cachette de Peter Pan et décide d’en finir une fois pour toutes avec le garçon en enlevant ses amis. Peter Pan va alors affronter son vieil ennemi pour sauver tous les enfants et permettent à Wendy et ses frères de rentrer chez eux…

-Maintenant, je suis une grande personne, ma chérie. Quand on grandit, on désapprend à voler.

-Pourquoi désapprend-on ?

-Parce qu’on n’est plus assez joyeux, innocent et sans cœur. Seuls les sans-cœur joyeux et innocents savent voler.

Comme je l’ai expliqué, ma première rencontre avec l’histoire de Peter Pan s’est faite au travers du dessin animé Disney ; quelques années après, j’ai vu le film sorti en 2003. J’ai également vu le spectacle Peter Pan, The Never Ending Story et à présent une autre adaptation de la comédie musicale. Ayant enfin lu le roman, j’ai pu relever les différences qui existent entre les différentes adaptations. Le dessin animé Disney a bien sûr adouci les choses, comme Disney le fait souvent puisque ces films s’adressent à des enfants. Par exemple, dans le roman, on assiste plusieurs fois à la mort de certains personnages (surtout des pirates) et le narrateur ajoute même qu’il arrive à Peter de tuer les enfants s’ils grandissent, ce qui est beaucoup plus violent que ce qu’on voit dans les différents films et adaptations théâtrales que j’ai pu voir. Mais, paradoxalement, le roman induit également que ce qui se passe au Pays Imaginaire n’est peut-être qu’un jeu, une aventure imaginée par ces enfants. Le narrateur explique notamment que les enfants «font semblant» de manger et de boire, ou qu’ils jouent à former une famille dont Peter et Wendy seraient les parents. Les conflits entre Peaux-Rouges et pirates sont également régis par des règles très strictes, et lorsque le Capitaine Crochet désobéit à ces règles, ces ennemis se sentent trahis et considèrent cela comme injuste, comme le feraient des enfants qui jouent à se battre.

Comme je viens seulement de lire le roman, je me suis longtemps représenté Peter Pan comme on le voit dans le dessin animé, et plus tard dans le film. Dans le roman de J.M. Barrie, cependant, les personnages sont présentés d’une manière assez différente, et j’ai été un peu déçue à certains niveaux. Ainsi, le personnage éponyme est beaucoup plus arrogant et insolent que dans les films, et se comporte réellement comme un enfant. Quant à Wendy, qui est un personnage que je n’ai jamais beaucoup apprécié dans le dessin animé, je l’ai trouvé encore plus ennuyeuse dans le roman et je préfère de loin le film sorti en 2003, où elle est plus aventureuse et battante et veut vivre des aventures extraordinaires, à tel point qu’elle envisage même de rejoindre les pirates. La Wendy du roman, une fois arrivée au Pays Imaginaire, passe son temps à s’occuper des Enfants Perdus, à préparer à manger et à repriser leurs vêtements, au lieu d’aller explorer l’île et affronter pirates et Peaux-Rouges…

Je n’ai vu que quelques adaptations de cette histoire et j’en ai encore beaucoup à découvrir. Chacune présente les personnages et les situations d’une manière différente, ce qui fait la richesse de cet univers. Ce qui me fascine le plus dans ce récit est la capacité de voler qu’a Peter Pan (un rêve que partagent sans doute nombre d’entre vous également ;), et voir les acteurs ou les comédiens s’envoler au-dessus de la scène (même si on peut voir les câbles qui les soutiennent) est toujours un moment magique qui me fait retomber en enfance…

Et vous, quel est votre avis, que pensez-vous de Peter Pan ? Avez-vous vu d’autres adaptations de cette œuvre, sous d’autres formats ? Lesquelles me conseilleriez-vous pour continuer mon exploration de cet univers ? 🙂