Le Chant du Troll | Pierre Bottero

Couverture du Chant du Troll

Fantasy / Roman illustré
Auteur : Pierre Bottero
Illustrateur : Gilles Francescano
Editeur : Rageot
Année d’édition : 2010

Mots-clés:  Héroïne, Parcours initiatique, Sacrifice, Troll, Elfe.

 

– Psssst ! Est-ce que tu es prête ?

– Je ne sais pas de quoi tu parles. Prête pour quoi ?

– Le basculement a débuté…

Léna est une petite fille comme les autres, jusqu’à ce que débute le basculement. Du jour au lendemain, son monde commence à se déliter : ses camarades de classe l’ignorent, sa mère quitte la maison et son père passe ses journées et ses nuits sur son ordinateur à écrire un roman, sans lui accorder un regard. La ville subit également des changements inexplicables : le ciel se colore d’une multitude de couleurs étranges, une végétation luxuriante envahit les rues et des êtres fantastiques apparaissent. Quand elle fait la connaissance de Burph, un Sprite, et de l’Elfe Sil, elle se rend compte qu’elle est passée dans une réalité imaginaire.

Léna se retrouve au centre du basculement et apprend qu’un morceau de Réel est en train de devenir Imaginaire. Dans le conflit qui oppose les forces de la Nuit et celles du Jour, la fillette se retrouve face à sa vieille ennemie, la terrible Leucémia. Elle ne l’affronte heureusement pas seule, puisqu’elle est accompagnée d’un Troll qu’elle a baptisé Doudou. Mais, pour sauver ses nouveaux amis, elle va devoir accepter une terrifiante réalité qui pourrait bien causer sa perte…

– On parle de basculement lorsqu’une partie du territoire des Réels passe aux Imaginaires ou le contraire, ce qui est bien plus fréquent. […] Quand un morceau de Réel devient Imaginaire, les forces de la Nuit et celles du Jour se le disputent et, crois-moi, la bataille est acharnée. […]

– Et quand l’Imaginaire devient Réel ? Je n’ai jamais entendu parler de bataille à ce sujet, ni même de quelqu’un s’emparant d’un morceau d’Imaginaire.

– Et où crois-tu que le musicien va chercher sa symphonie, l’écrivain son roman, le peintre ses couleurs ?

Pierre Bottero est un de mes auteurs préférés, et j’ai toujours eu un gros coup de cœur pour ce roman illustré mettant en scène Léna et son compagnon, le Troll Doudou ; c’est pourquoi j’ai décidé d’inaugurer mon blog avec cette chronique. Le titre du livre fait référence à la relation que ces deux personnages entretiennent : lors de leur rencontre, leurs âmes ont fusionné ; ainsi, quand Léna fredonne la comptine qui l’aide à surmonter sa peur dans les moments difficiles, c’est comme si le Troll chantait également, puisqu’ils ne forment plus qu’un.

J’aime beaucoup le style si particulier de Pierre Bottero. Une écriture simple, mais très belle, chaque mot est choisi avec soin et les phrases sont ciselées à la perfection. Ce roman aborde un thème très dur, mais avec beaucoup de tendresse et de douceur, et un personnage fort et déterminé qui nous offre une belle leçon de vie et de courage. L’auteur nous livre également dans ce roman sa vision très poétique de la création : les artistes s’emparent de morceaux d’Imaginaire pour créer leurs œuvres. Je trouve cette idée très intéressante ; les auteurs voyagent dans d’autres mondes et nous font ensuite voyager à notre tour par le biais de leurs livres.

Le Chant du Troll s’inscrit dans l’univers que Pierre Bottero développe au travers de ses différentes séries (La Quête d’Ewilan, Les Mondes d’Ewilan, Le Pacte des Marchombres, L’Autre et Les Âmes Croisées), auxquelles je consacrerai certainement un jour une chronique ! 🙂 Au fil de ses romans, il a tissé de nombreux liens entre les personnages, ceux-ci se rencontrant par-delà les différents mondes. Pour ceux qui connaissent un peu son œuvre, Léna est un personnage que l’on rencontre dans la trilogie du Pacte des Marchombres (sous le nom d’Eejil) ; Bottero nous raconte ici sa rencontre avec Doudou.

Cette histoire très touchante a été illustrée par Gilles Francescano. Les images et le récit se mêlent à la perfection, chacun enrichissant l’autre afin de faire vivre cet univers magique. Les illustrations sont riches de détails et pleines de couleurs chatoyantes, tout comme le texte.

Ma conclusion : L’originalité du graphisme, la beauté des illustrations de Gilles Francescano et la justesse des mots de Pierre Bottero, tout cela fait du Chant du Troll un roman magnifique que je vous invite à découvrir ! 🙂

Ma note: 19/20

Attention: Spoiler!!!

[Comme annoncé dans la présentation du projet du blog, je partage ici quelques réflexions et analyses personnelles au sujet du roman. Je révélerai des informations clés de l’intrigue, ne continuez donc pas votre lecture si vous ne voulez pas être spoilés 😉 ]

Le Chant du Troll nous présente le parcours de Léna, qui découvre au fil de l’histoire la raison de ce basculement auquel elle prend part : elle est morte d’une leucémie et son père, écrivain, est en train de rédiger un livre afin de créer un monde qu’il veut offrir à sa fille pour qu’elle puisse y vivre. Léna évolue énormément durant le roman, et cette évolution se reflète, selon moi, dans l’incipit et l’excipit du livre.

Le récit s’ouvre sur une dispute entre les parents de Léna. A ce moment-là, la petite fille ne comprend pas encore ce qui lui arrive et pourquoi personne ne semble la remarquer. Elle essaye d’échapper aux hurlements de sa mère et à la violence qui l’entoure en se réfugiant dans la comptine qui lui permet de surmonter sa peur. Il n’y a pas encore d’illustrations, seules quelques taches grises et une fissure qui traverse les pages. L’ambiance est lourde et tendue, Léna se sent perdue, invisible et effrayée. Le vocabulaire utilisé crée également une atmosphère de conflit, avec des mots durs et négatifs (hurlements, colère, désespoir, violence,…).

Durant tout le roman, Léna en apprend plus sur elle-même et rencontre de nouveaux amis : Sil, Burph et surtout le Troll Doudou. Après avoir accepté la réalité de sa mort afin de vaincre Leucémia, elle échappe cependant au néant grâce à son compagnon Doudou. Les deux sont désormais liés pour l’éternité, elle ne sera donc plus jamais invisible et pourra toujours compter sur lui. Ils tournent le dos à la ville et s’éloignent dans la forêt Imaginaire qui est apparue avec le basculement. Le récit se clôt sur des images colorées et lumineuses, et sur l’échange entre Léna et Doudou, qui révèle à la fillette son véritable nom : Eejil, qui signifie « lumière » en troll. Il lui offre ainsi son amour et une nouvelle identité, elle sort de l’ombre et entre dans un univers positif, rempli de douceur et de tendresse.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s