Rouge | Kristin Cashore

Rouge

Auteur : Kristin Cashore

Illustration de couverture : Alain Brion

Éditeur : Orbit Books

Année d’édition : 2010

Édition originale : Fire, paru en 2009

Traduction française par : Raphaële Eschenbrenner

Mots-clés : Héroïne, Monstre, Beauté, Pouvoirs, Guerre.

La cruauté est un puissant moyen d’autodéfense. Tu ne devrais pas hésiter à te servir de tes pouvoirs pour être cruelle.

Rouge est la dernière monstre humaine du royaume de Dells. Ce statut, qu’elle a hérité de son père, lui confère une beauté surnaturelle ainsi que la capacité de lire et contrôler l’esprit des personnes qui l’entourent. Mais son héritage attise également la haine et elle a donc choisi de vivre à l’écart du monde.

Alors que des seigneurs rebelles conspirent contre le roi et s’apprêtent à attaquer le royaume de Dells, la famille du souverain fait appel à Rouge pour sauver le pays. La jeune fille en est capable, mais elle va devoir pour cela affronter les ombres du passé et les ennemis d’aujourd’hui déterminés à l’anéantir…

S’immiscer dans l’esprit d’autrui pour le manœuvrer est bien pire que de pénétrer dans une maison par effraction, déclara-t-elle. Comment le faire sans outrepasser mes droits ? Comment saurais-je si je dépasse les limites ? Je me sais capable de tant d’horreurs.

Ce deuxième roman de Kristin Cashore nous emmène au royaume de Dells, situé derrière les montagnes de Monsea (un des sept royaumes du roman Graceling). Dans cette contrée sévissent, aux côtés des animaux habituels, ce que les habitant appellent des « monstres » : des animaux semblables aux races connues, mais arborant des couleurs vives peu conventionnelles et capables de contrôler les esprits qui les entourent (leurs pouvoirs sont généralement limités par leur taille et leur puissance : un monstre-souris sera moins dangereux qu’un monstre-aigle, par exemple ^^). Autrefois existaient également des monstres humains, dotés des mêmes pouvoirs ainsi que d’une beauté extraordinaire ; Rouge est aujourd’hui la dernière de cette « espèce ». Son père était un monstre d’une grande cruauté qui a fait beaucoup de mal à la population du royaume, et Rouge souffre de cette mauvaise réputation et tente de se distinguer de lui.

Le récit propose donc une réflexion intéressante sur le thème du « monstre ». Qu’est réellement un monstre ? Est-ce quelque chose d’inné ou peut-on aller à l’encontre de son héritage ? Si le sujet vous intéresse, j’en parlerai davantage dans la partie analyse de ma chronique, en révélant toutefois des passages importants de l’intrigue…

Kristin Cashore présente une nouvelle fois une héroïne forte, qui doit faire face à l’hostilité des autres avant de s’affirmer et de s’accepter telle qu’elle est. Rouge est un personnage très attachant et dont la personnalité s’approfondit au fil du récit, tout comme les autres personnes qu’elle côtoie (en particulier son ami Archer, le roi Nash ou encore le prince Brigan). L’écriture de l’auteur est toujours aussi fluide et dynamique et elle interroge de manière très pertinente, et encore davantage que dans Graceling, les méandres de l’âme humaine face à la violence, la cruauté et la guerre.

Rouge nous permet d’explorer d’autres territoires de l’univers de Kristin Cashore, quelques années avant les événements se déroulant dans son premier roman. On y retrouve d’ailleurs un personnage déjà rencontré dans Graceling et un pan du voile est levé à son sujet… 🙂

Ma conclusion : Avec Rouge, Kristin Cashore nous propose d’explorer davantage son univers, tout en retrouvant des éléments déjà développés dans son premier roman, notamment une héroïne forte et battante ainsi que des réflexions intéressantes sur la psychologie des personnages.

Ma note: 16/20

Attention Spoiler !!!

[Comme annoncé dans la présentation du projet du blog, je partage ici quelques réflexions et analyses personnelles au sujet du roman. Je révèlerai des informations clés de l’intrigue, ne continuez donc pas votre lecture si vous ne voulez pas être spoilés 😉 ]

Comme je l’ai mentionné dans la présentation du roman, Kristin Cashore aborde ici le thème du monstre, avec d’emblée une ambiguïté intéressante. En effet, lorsque l’on entend le mot « monstre », on pense généralement à un être difforme ou effrayant ; or, les animaux (et humains) « monstres » sont décrits ici comme plus beaux que leurs semblables « normaux » : ils arborent de magnifiques couleurs ou sont d’une beauté presque surnaturelle. Ceci, ainsi que leur capacité à lire et contrôler les esprits, leur permet d’attirer à eux les êtres qu’ils côtoient. Les animaux-monstres ont ainsi plus de facilité à chasser, puisque les autres animaux (et parfois les humains) sont fascinés par eux et se laissent contrôler sans trop résister.

Le père de Rouge, Cansrel, conseiller de l’ancien roi, était un monstre humain. Il profitait de ses pouvoirs pour exercer sa cruauté sur les autres, faisant souffrir de nombreuses personnes et précipitant le royaume dans la déchéance, de par son influence négative sur le roi. Il a également tenté de pousser sa fille à user de ses pouvoirs pour faire preuve de cruauté. Rouge est aujourd’hui la victime indirecte de son père : en raison de la mauvaise réputation de celui-ci, elle doit aussi faire face à la haine d’une grande partie de la population qu’elle rencontre. Ses pouvoirs font peur, car elle pourrait les utiliser pour faire le mal, comme le faisait son père. Pourtant, Rouge refuse de se comporter comme lui et craint d’abuser de ses capacités.

Tout au long du récit, on assiste à la réflexion de Rouge à ce sujet. Elle regrette sa condition de monstre et, si elle ne peut changer son héritage, s’efforce d’utiliser ses pouvoirs pour faire le bien et réparer les erreurs de son père. C’est d’ailleurs dans ce but qu’elle a elle-même tué son père (faisant croire à un suicide), pour l’empêcher de faire davantage de mal, et ce malgré l’amour qu’elle éprouvait pour lui. Cet acte la tourmente depuis qu’elle l’a posé, et il lui faut du temps pour se pardonner, se rendant finalement compte que « certains individus possédaient trop de pouvoir et trop de cruauté. Certains individus étaient trop épouvantables envers les autres pour mériter de vivre, même si on les aimait, même si les tuer était un acte criminel. Certaines choses devaient être accomplies. »

Si elle reste physiquement un « monstre humain », elle évolue au fil du récit et dépasse son conditionnement. Le roman nous montre ainsi que l’on peut se construire en dépit de son héritage et de son éducation, et que les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit…

Voilà une petite analyse de certains aspects de ce roman que j’ai trouvé particulièrement intéressants. Si vous l’avez lu, qu’en pensez-vous ? Avez-vous remarqué d’autres choses ? N’hésitez pas à partager vos réflexions dans les commentaires, je serais ravie d’en discuter avec vous 🙂

 

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