La Moitié d’un Monde | Joe Abercrombie

La Moitié d'un Monde

« La Mer Éclatée », tome 2

Auteur : Joe Abercrombie

Illustration de couverture : Didier Graffet

Éditeur : Bragelonne

Année d’édition : 2015

Édition originale : Half the World, paru en 2015

Traduction française : Juliette Parichet

Mots-clés : Héroïne, Guerrière, Voyage, Alliance, Trahison, Guerre.

Les imbéciles se vantent de ce qu’ils feront. Les héros le font.

Épine s’entraîne depuis toujours pour suivre les traces de son père, qui fut jadis un grand guerrier. Lorsqu’elle est accusée de meurtre par son ancien maître d’armes Hunnan, elle s’attend à être lapidée ; mais père Yarvi, ministre du Gettland, lui propose un marché. Brand aspire quant à lui à devenir guerrier du Gettland, mais lorsqu’il prend la défense d’Épine face à Hunnan, il perd sa place dans l’armée. Tous deux sont engagés par Yarvi et s’embarquent avec lui pour traverser la moitié du monde en quête d’alliés contre le Haut Roi. Accompagnés d’une troupe de mercenaires impitoyables, ils vont découvrir les merveilles de la Mer d’Or et de l’Empire du Sud, mais aussi la violence et l’art de la tromperie. Ensemble, ils s’efforceront de tracer leur propre chemin dans un monde que les puissants s’apprêtent à déchirer…

Les dieux détestent ceux qui s’organisent mal et aident ceux qui ont de bons amis, de bonnes épées et du bon sens. Je vous conseille de moins vous inquiéter au sujet de ce que pourraient faire les dieux et davantage au sujet de ce que vous, vous pouvez faire.

Ce deuxième tome de la trilogie de la « Mer Éclatée » s’inscrit dans la lignée du premier. On retrouve Yarvi, devenu à présent père Yarvi, ministre du Gettland. Ce royaume est pris dans une guerre perpétuelle contre le Vansterland, et subi à présent aussi des pressions de la part du Haut Roi à Skeleken. Poussé par sa ministre, Grand-Mère Wexen, ce dernier veut contrôler tous les territoires autour de la Mer Éclatée et imposer le culte de la Déesse Unique, pour remplacer les Grands Dieux. Le Gettland refuse de se plier à son autorité et Yarvi part donc pour l’Empire du Sud en quête d’alliés… On suit son équipage alors qu’il remonte la rivière Divine, passe les Grands Monts, traverse la ville de Kalyiv, la Mer d’Or, et découvre la Première Ville, demeure de l’impératrice du Sud. Joe Abercrombie met en place un monde de plus en plus riche, avec des territoires variés. Le périple des personnages dure un an, et ceux-ci passent d’un climat à l’autre, tantôt pris dans une tempête de neige dans la montagne, tantôt étouffant dans les températures tropicales des villes du sud, regrettant la pluie et le brouillard de leur Gettland natal…

Dans La Moitié d’un Monde, on accompagne Yarvi, mais surtout Épine et Brand, dans leur voyage. Épine est une jeune héroïne pleine de courage, qui a toujours voulu être une guerrière et qui ne s’est pas fait beaucoup d’amis durant son parcours. Elle est assez désagréable au début, mais les épreuves qu’elle traverse la font énormément mûrir ; il m’a fallu un peu de temps pour l’apprécier, mais j’ai fini par m’attacher à elle. Au fil du récit, elle se rapproche de plus en plus de Brand, qu’elle déteste au début de leur aventure. Ce jeune homme, fort comme un taureau, évolue également au cours de leur périple : il reprend confiance en lui et devient même un héros pour ses compagnons lors de leur traversée des Grands Monts… Au contraire d’Épine, j’ai tout de suite apprécié ce personnage, toujours calme et tranquille, et qui s’efforce de faire le bien. Au fil de leur voyage, Brand et Épine se rapprochent l’un de l’autre, et on s’attend aux sentiments qui se développent entre eux, mais la manière dont ils sont amenés est finalement assez intéressante et originale 😉 Leur relation est pleine de rebondissements et tous deux se posent quantité de questions auxquelles nous pouvons tous nous identifier…

Le roman tourne autour de ces deux personnages, les chapitres alternent entre le point de vue de l’un et de l’autre. Mais l’auteur met surtout en scène de nombreuses femmes fortes, qui tracent leur chemin et se font une place dans ce monde d’hommes, grâce à leurs talents (un sujet intéressant que j’approfondirai davantage dans la partie d’analyse de ma chronique 🙂 ). L’écriture de Joe Abercrombie est quant à elle toujours aussi agréable, à la fois simple et recherchée, drôle et grave, cynique et ironique… Avec ce deuxième tome, il étoffe son univers et met tout en place pour la grande guerre qui s’annonce !

Ma conclusion : Deuxième tome de cette fresque épique autour de la Mer Éclatée, et jusqu’à l’Empire du Sud. Des personnages toujours convaincants, des machinations politiques, des combats épiques,… Tous se préparent pour la guerre et le dénouement final !

Ma note: 17/20

Attention Spoiler !!!

[Comme annoncé dans la présentation du projet du blog, je partage ici quelques réflexions et analyses personnelles au sujet du roman. Je révèlerai des informations clés de l’intrigue, ne continuez donc pas votre lecture si vous ne voulez pas être spoilés 😉 ]

Comme je l’ai mentionné dans la critique du roman, ce récit met en scène de nombreuses femmes fortes, que l’on pourrait qualifier de féministes (même si ce terme n’existe sûrement pas dans cet univers 🙂 ). Épine est bien évidemment au centre de l’histoire, et le parallèle entre l’incipit et l’excipit montre le changement qui s’est opéré en elle. Elle a toujours voulu être une guerrière dans l’armée du Gettland, malgré les préjugés de la société, pour qui une femme doit avant tout s’occuper de son ménage et de sa famille. Ce rêve qu’elle nourrit lui a souvent valu le mépris des hommes qui l’entourent. Cependant, après son entraînement avec Skifr, lors de leur voyage, elle est devenue plus meurtrière que tous les garçons avec lesquels elle a passé son enfance à s’entraîner. Elle a battu quantité d’hommes durant son périple, a tué cinq hommes sans aucune arme pour sauver l’impératrice du Sud, a affronté un roi et est devenue Garde Élue de la reine Laithline du Gettland… Elle a prouvé à tous qu’une femme peut se battre aussi bien qu’un homme, sinon mieux, et décide à présent d’entraîner au combat les filles qui le désirent.

À cette héroïne forte et battante s’ajoutent encore d’autres femmes comme Skifr – guerrière, magicienne et voleuse –, Samuelle – navigatrice de talent –, la jeune impératrice du Sud Vialine – qui demande à Épine des conseils pour être plus forte et ne pas se laisser manipuler par son oncle – mais surtout Rine, la jeune sœur de Brand. Celle-ci, apprentie d’un forgeron, n’a pas attendu que son frère revienne de son expédition couvert de gloire et avec suffisamment de richesses pour améliorer leur quotidien, et elle ne s’est pas non plus mariée avec le premier venu. Grâce à ses talents de forgeronne, elle a découvert une nouvelle façon de fondre l’acier et s’est ainsi fait repérer par le roi du Gettland, dont elle est à présent la forgeronne attitrée. Elle possède sa propre forge et a pu acheter une maison, à la surprise de Brand. Ce roman regorge donc de femmes fortes, qui prennent leur destin en main et sont tout aussi douées que des hommes dans leur discipline respective, ce qui leur permet de tracer leur propre chemin, sans dépendre de personne…

Voilà une petite analyse de certains aspects de ce roman que j’ai trouvé particulièrement intéressants. Si vous l’avez lu, qu’en pensez-vous ? Avez-vous remarqué d’autres choses ? N’hésitez pas à partager vos réflexions dans les commentaires, je serais ravie d’en discuter avec vous 🙂

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